Blog d'une maman italienne à Montpellier

Qu’est ce qui se cache derrière l’Agora ?

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Quand je suis arrivée à Montpellier une des premières choses que j’ai fait c’était chercher un centre pour la danse, j’avais vraiment envie de danser mais surtout de rapprocher mon corps à mon esprit.

La danse pour moi c’est une forme d’art qui aide à te libérer, où le corps bouge au rythme de la musique, dirigé par l’intensité des notes et par les émotions.

En cherchant j’ai découvert le temple de la danse à Montpellier, c’est-à-dire l’Agora. Au début je ne comprenais pas le lien entre agora et danse. Le terme agora est dérivé du grec et signifie regrouper, rassembler. C’était la place principale « la polys », le centre économique et politique de la cité. Le terme danse, c’est une succession de mouvements exécutés dans le but de communiquer. Donc  on peut dire  que l’agora est le centre de la communication des corps.

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En mai nous avons eu la chance de faire un reportage à l’Agora avec *Alexis R.S (Montpellier Danse) qui s’est prêté très gentiment  à l’exercice et nous guida dans ce bâtiment.

 Nous pouvons commencer en disant que c’est un lieu unique au monde en Europe pour son histoire.

 Nous avons débuté la visite dans la cour de l’Agora, par laquelle on peut pénétrer par deux entrées (par 18 rue Sainte Ursule ou par le boulevard Louis Blanc).

Nous écoutions Alexis au milieu de la cour : il y a des arcades et des photos de danseurs, l’espace est immense ! Et si on ferme les yeux on peut bien imaginer les spectacles qui se sont déroulés dans cette cour magique. Quand il a commencé à nous raconter la partie historique du couvent nous avons pris une claque, parce que la réalité était inattendue. Le bâtiment initial a été construit en 1357 et fut tout d’abord le couvent St Gilles. Plus tard fût érigé l’église Sainte Catherine et un cimetière. Pendant les guerres de religions du moyen l’âge le couvent fut en grande partie détruit.

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Le couvent fut repris par des sœurs de St Gilles, puis par les visitandines et en 1641 par les ursulines. Le couvent que nous découvrons aujourd’hui est de 1654, construit par Jean Bonnassier. La structure se présente sous une forme carré et se divise en 3 parties : la chapelle, les cellules et les salles pour les classes. En 1680 fut ajouté un grand jardin (où aujourd’hui nous trouvons le théâtre de l’Agora).

En 1820 le lieu est littéralement transformé et devient une prison pour femmes, jusqu’en 1934. A cette date la prison devient alors une caserne militaire et prend le nom de caserne Grossetti. Pendant la 2ème guerre mondiale la caserne tombe entre les mains de la Gestapo allemande  et devient un centre d’interrogatoire des prisonniers, à la libération fut reprise par l’Armée de l’Air et la Sécurité Militaire.

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Dans la cour où nous nous trouvions, il y avait à cette époque des véhicules militaires garés, l’ambiance n’était pas du tout la même qu’aujourd’hui.

En 1986 l’édifice fut acheté par la ville de Montpellier, il faudra attendre 1991 pour que le bâtiment devienne un monument historique.

Dominique Bagouet (Chorégraphe français) voulut créer un lieu consacré à la danse et grâce au maire de l’époque George Frêche, le milieu de la danse s’installa dans la cour des ursulines en mettant en scène des premiers spectacles.

Les vraies transformations du bâtiment ont eu lieu en 1997. A cette date les travaux eurent pour objectif de créer le centre chorégraphique de la danse, dirigé par Matilde Monnier jusqu’à l’année dernière. Malheureusement le créateur Dominique Bagouet ne vécut pas assez longtemps pour voir la fin des travaux.

 En 1999-2001 fut réalisé la deuxième partie des travaux et en 2001 les travaux se conclurent par l’ouverture de la 3ème aile du couvent. La chapelle fut remise à neuf en 2009-2010 ainsi que la tour et la cour. Une fois tous les travaux achevés, le bâtiment fut baptisé l’Agora, Cité International de la Danse.

Nous avons visité la chapelle, laquelle, nous raconta Alexis fut complètement détruite, donc les murs ont été renforcés et le toit reconstruit. Maintenant  il y a un étage : la chapelle est divisée en deux pour permettre aux danseurs de s’échauffer. Au dessus de la chapelle il y a la salle de répétions qui s’étale sur une superficie 175 m2. La salle du bas se prête bien aux conférences, interviews des chorégraphes, aux expositions ou pour monter des vidéos des spectacles aux enfants.

Après nous avons continué la visite vers le théâtre du 19eme siècle en pierres de Castries où se déroulent la plus grande partie des spectacles de Montpellier danse.

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Dans le théâtre nous pouvons encore voir les cellules où les femmes étaient emprisonnées. Nous en avons visité une et nous sommes restées étonnées de l’étroitesse des cellules. Il fallait savoir qu’à l’intérieur se tenaient jusqu’à 20 femmes dans des situations d’insalubrité inimaginable aujourd’hui.

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Dans la cellule nous pouvons remarquer encore des messages laissés par des prisonniers comme par exemple le décompte des jours, mais aussi des phrases en allemands.

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C’est incroyable comme cet édifice a complètement changé à chaque époque. Chaque mur raconte une histoire différente et passionnante alors qu’aujourd’hui  l’Agora est devenue un centre de rencontre des amateurs de la danse.

Si on pense que dans les années 70 on voulait abattre cet édifice, nous pouvons remercier G. Frêche de l’avoir conservé et nous l’avoir transmis pour les générations futures.

Nous avons conclu notre reportage avec la présentation du festival Montpellier dance. C’est un des rendez-vous de l’été les plus attendu, une présentation de spectacles extraordinaires. Le festival est une occasion pour faire connaitre cette forme d’art aux grands comme aux petits. Alexis nous donne rendez vous du 24 juin au 9 juillet pour suivre le programme intense, des spectacles à tous les prix (voir gratuit) et il y a même des ateliers où on peut danser avec des chorégraphes.

Donc qu’est ce que vous attendez, regardez le programme et régalez vous !

FG

Informations :

18, rue Sainte Ursule – CS 39520, 34961 Montpellier Cedex 02

Téléphone: 04 67 60 83 60 – Billeterie : 0 800 600 740

Email: resa@montpellierdanse.com

http://www.montpellierdanse.com

Montpellier Danse au programme : 53 représentations de 17 spectacles différents (dont 14 créations). Et, pour permettre à tous les amoureux de la danse de pouvoir assister aux spectacles, 40 % des billets seront accessibles entre 5 et 12 €.

Les bureaux de Montpellier Danse sont ouverts du lundi au vendredi, de 9h30 à 12h30 et de 14h à 18h.

Nous remercions : *Alexis Ruiz-Salmeron (Relations monde scolaire et universités, Montpellier Danse)

Photos : Verushka V.

Source : Dictionnaires français Larousse et Montpellier danse

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